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Interview: Martina Čufar Potard

January 24, 2019

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Interview: Martina Čufar Potard

January 24, 2019

Martina Čufar Potard grimpe depuis 31 ans. Aujourd’hui, elle partage sa vie entre sa famille, l’escalade et le yoga. Cette grimpeuse d’exception était avec nous le 15 septembre dernier pour la première édition de Grimpeuses, à La Capelle. Après l’événement, nous avons échangé avec Martina pour en savoir plus sur elle et partager sa façon de vivre l’escalade.

 

  

Pour commencer, peux-tu nous parler de toi ? D’où viens-tu ? A quel âge as-tu commencé à grimper ?
 

Je viens de Slovénie, le pays où l’arc Alpin commence. J’habite presque au pied du Triglav (2.864m), la montagne phare que chaque vrai Slovène est censé gravir. On voit de tout au sommet, des enfants de 4 ans comme des vieux de 90 ans… Pourtant, c’est bien 1.800m de dénivelé qu’il faut faire ! Moi j’y suis allée à l’âge de 9 ans, mais j’ai commencé à grimper à l’âge de 11 ans seulement, quand j’ai découvert par hasard l’escalade sportive en Autriche. J’ai démarré sur un mur et le lendemain en falaise, où tout tenait bien, pas comme dans la face nord du Triglav où tout bougeait ;-)
 

Combien de temps as-tu fait de la compétition ? Pourquoi as-tu arrêté ? 

 

J’ai commencé la compétition en décembre 1990 et j’ai arrêté en décembre 2006, sur le même mur de Škofja Loka. Ça faisait donc 16 ans de compétitions, de voyages, du rythme entrainement – repos, des salles d’isolement, des émotions fortes, des victoires et aussi des déceptions. J’étais au top entre 2000 et 2003, puis mon père est mort dans un accident d’avalanche. Et, d’un coup, je trouvais que les compétitions n’étaient plus si importantes... J’ai fait une pause, pour voyager et grimper en falaise (ce que j’ai toujours préféré), mais comme ce n’est pas évident de changer de vie, j’ai fini par reprendre les compétitions. J’ai bien aimé m'entraîner avec Natalija Gros, mais aux compétitions je n’étais pas motivée… Surtout s’il faisait beau dehors. Je voulais être en falaise ! Mes résultats n’étaient plus au top, mais j’ai profité de ma forme pour faire un 8c. Et puis, j’ai finalement pris la décision d’arrêter pour de vrai.

 

Quels ont été tes premiers projets après l’arrêt de la compétition ?

 

Déjà quelques mois avant ma dernière compétition, j’avais acheté un billet d’avion pour les États-Unis, Indian Creek et le Yosemite. Je voulais apprendre à grimper en fissure et faire des “big walls”. J’ai toujours adoré les grandes voies ! J’avais vraiment de la chance, car je suis partie aux US avec Stéphanie Bodet et Arnaud Petit, qui avaient déjà beaucoup d’expérience. J’avais donc des super « profs » qui m’ont rapidement appris toutes leurs petites astuces !

 

 

 

 

Après avoir grimpé deux 8c (Vizija en 2005 et Max Power en 2016), as-tu d’autres projets de voies cotées 8c ou plus ?  

 

Non, pas pour l’instant. La 2ème 8c, ce n’était pas tant pour la cotation que pour faire toutes les voies dans un beau spot proche de notre maison (Bionnassay). J’avais d’abord un peu de respect pour la cotation, mais quand j’ai trouvé mes méthodes je me suis motivée ! En plus ça s’y prêtait bien car ça passait pile bien pendant les horaires de la crèche/école ☺ Mais sinon ça prend trop de temps et d’énergie d’avoir des « chantiers » si conséquents. Et puis ça peut trop me préoccuper et je deviens trop égocentrique, je ne pense qu’à ça, je regarde la météo, je pense aux conditions, je cherche du monde pour y aller… Ça ne va pas trop avec la vie en famille, mon rôle de maman.

 

 

Depuis que tu as arrêté la compétition, tu as eu deux enfants et tu as continué l’escalade pendant tes grossesses. Aurais-tu des conseils pour des grimpeuses enceintes qui voudraient continuer à grimper pendant leur grossesse ?

 

Avant d’être enceinte ça m’a semblé irresponsable de voir des futures mamans grimper avec leur gros bidon. Mais quand j’étais enceinte, j’ai vu que je ne pouvais pas arrêter de grimper. Ça m’a fait tellement du bien ! Au début, j’ai pu oublier les nausées. Et puis, pourquoi arrêter si je me sens bien ? J’ai bien sûr adapté un peu la technique, je n’ai pas grimpé dans des gros dévers, j’ai grimpé en moulinette. Je grimpe depuis plus de 30 ans maintenant et je connais bien mon corps, je peux prévoir les mouvements avant de les faire. J’ai bien senti ce qui était bien et ce qu’il ne fallait pas faire. J’ai trouvé plus risqué la séance de pilates que j’ai faite une fois (parce qu’on m’avait dit que c’était bien pour les femmes enceintes)… Mais, comme c’était nouveau pour moi, j’ai trop forcé. Je pense que ce n’est pas dangereux de grimper en étant enceinte si tu as de l’expérience dans ce sport. Par contre, une femme qui débuterait en l’escalade en étant enceinte, je ne pense pas que ce soit le sport idéal ☺

 

Cela fait plusieurs années que tu pratiques aussi le yoga. Qu’est-ce que cette pratique t’apporte dans l’escalade et dans la vie de tous les jours ?

 

Au niveau physique, le yoga m’a apporté la souplesse, l’équilibre musculaire (prévention de blessures), et aussi la force (le gainage). Au niveau mental, le yoga m’a appris à me détendre, à visualiser l’énergie qui circule dans le corps, même dans des positions pas très confortables. J’ai appris à passer des caps.La pratique du yoga c’est mon moment à moi dans la journée. Je le fais tous les matins avant que les enfants se lèvent, comme ça je prends de l’avance et je peux rester zen dans les moments un peu speed du matin avant l’école ☺

 

Est-ce que tu as une voie préférée ou une ascension qui t’a plus marquée que les autres ?

 

J’ai fait tellement de belles voies dans des endroits magnifiques, et avec des gens magnifiques, que c’est dur de choisir ! Une ascension qui m’a marquée, c’est sûrement ma première fois dans El Capitan, dans la voie Golden Gate avec le grimpeur local de Yosemite Sean Leary (qui est malheureusement mort en 2014 d’un accident en wingsuit). J’ai beaucoup appris, j’ai souvent dû surmonter ma peur, surtout dans les fissures larges où tu n’as pas trop le droit de tomber. Et puis, sur une virée au milieu du mur, on a croisé deux Français qui étaient dans la voie Freerider. L’un d’eux, Nicolas Potard, est maintenant mon mari ☺ 

 

As-tu un projet qui te passionne en ce moment ? En escalade ou en dehors?
 

En escalade, je n’ai pas de projets en ce moment, à part de penser à quand on peut se faire un petit trip dans le sud pour “grimpouiller” un peu ☺ Récemment, on a fait des super vacances à Leonidio en Grèce. C’est top de pouvoir grimper de belles colonnettes et de passer du temps à la plage avec les enfants le même jour ! On a presque toujours la mamie ou la tante avec nous qui s’occupent des enfants pendant que nous grimpons avec Nico. C’est le plus simple et le plus sécurisé, car les enfants ne sont pas forcément motivés de passer des heures au pied de falaises… sauf s’il y a un gros pendule à faire !Sinon ce qui me passionne en ce moment, c’est de faire des massages. D’ailleurs, je gagne aussi ma vie grâce à ça désormais. C’est parfait car, quand il fait beau, il y a du travail en escalade et, quand il pleut, il y a du travail en massage ☺ J’adore masser, essayer de détendre les muscles et aussi le mental des gens que je masse.

 

Pourrais-tu nous dire la chose la plus importante que l’escalade t’ait apprise?

 

Je grimpe depuis déjà 31 ans… Ça fait donc partie intégrante de ma vie ! L’escalade m’a apporté et appris plein de choses ! De la discipline, de la persévérance, de la patience et surtout, si tu es très motivée et que tu consacres tout à ton objectif, tu l’atteins !

 

 

Tu étais à Grimpeuses l’année dernière. Qu’est-ce que Grimpeuses pour toi et quel souvenir gardes-tu de cette première édition ?

 

L’événement Grimpeuses m’a surpris par une très bonne organisation et le grand nombre de participantes. L’ambiance entre les filles était au top ! J’ai adoré l’endroit, les beaux blocs dans la forêt pour tous les niveaux et même avec la possibilité de s’initier au “trad”. À répéter !

 

 

 

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